
Oeuvres : Discours aux Rhodiens (Or. XXI) [édition bilingue]
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Généralement daté du début du principat de Vespasien, c’est-à-dire dans la période qui précéda l’exil de Dion, le discours XXXI Aux Rhodiens se présente comme le premier d’une série de discours aux villes (respectivement Rhodes, Alexandrie, Tarse, Célènes-Apamée de Phrygie et Corinthe). L’ensemble de ces discours, prononcés devant des assemblées de citoyens, est resté groupé dans la tradition manuscrite ultérieure, signe que leur parenté de genre et de thème a été communément perçue. Des discours aux villes proprement dits (Orr. xxxi à xxxvii), le premier de la série, le Rhodien, est le plus long et sans doute le plus représentatif. Sous l’apparence d’une oeuvre d’apparat, il ne s’inscrit pas moins dans la vie politique de la cité d’accueil, puisqu’il dénonce devant une assemblée municipale le déplorable usage du remploi des statues honorifiques. Les Rhodiens avaient en effet l'habitude de remployer certaines des statues de la ville afin d’honorer de nouveaux bénéficiaires – pratique en fait usuelle, à l’époque, dans tout le monde grec et latin.
Si le Discours aux Rhodiens s’annonce comme un discours délibératif – Dion vient « conseiller » les citoyens de la ville sur un sujet d’intérêt commun –, d’emblée son projet de « redresser » un mauvais comportement l’inscrit dans un cadre plus étroit, celui du discours dit apotreptique. Et, en prévenant par avance que son discours risque de déplaire à son public, il le place dans une autre perspective, celle du blâme : c’est le thème même de l’intervention de Dion qui l’impose, la condamnation d’une pratique jugée scandaleuse. Le discours Aux Rhodiens s’inscrit ainsi dans un double cadre rhétorique : appartenant sans conteste au genre délibératif, ne serait-ce que par ses destinataires (une assemblée civique) et son objet (une décision qui implique la cité), il relève aussi du genre épidictique par la topique utilisée, celle de l’éloge et du blâme.
Une abondante introduction revient sur la carrière de Dion de Pruse, le contenu du discours Aux Rhodiens, le genre rhétorique et la portée et la finalité de ce discours.

Dion de Pruse Dit Dion Chrysostome
Sophiste et philosophe,
Dion de Pruse (c. 40-c. est, avec Philostrate, un des meilleurs
représentants de la seconde sophistique (IIe siècle après J.-C.).
Conférencier mondain proche du pouvoir, Dion triomphe dans les salons de
l'empereur Domitien avant d'être banni de Rome (89 : bannissement des
philosophes) et de l'Italie, ainsi que de la Bithynie, sa terre
d'origine. Il effectue alors divers voyages sous l'aspect du philosophe
vagabond s'adonnant à la prédication, qui était celui des Cyniques.
Bernard
Pouderon
Bernard Pouderon est professeur émérite de l’Université
de Tours et membre senior honoraire de l’Institut Universitaire de
France. Spécialiste de la littérature grecque chrétienne des IIe et IIIe
siècles, il a publié de nombreux ouvrages, sur les apologistes, le roman
ancien et la réception de l’Antiquité à la Renaissance.
Cécile
Bost-Pouderon
Maître de conférences de grec à l'université de
Tours. Elle a établi et traduit aux Belles Lettres le volume de la CUF
Œuvres. Premier discours à Tarse (OR. XXXIII), Second discours à Tarse
(OR. XXXIV), Discours à Célènes de Phrygie (OR. XXXV), Discours
Borysthénitique (OR. XXXVI), ainsi que le Discours aux Rhodiens (Or.
XXXI).
Introduction
Dion bifrons
Discours aux cités et discours
bithyniens (XXXI à XXXVII et XXXVIII à LI)
La datation du
discours Aux Rhodiens
Les circonstances
L’affaire des
statues
Disposition du discours
Analyse du discours
Le genre
rhétorique
Portée et finalité du discours
Établissement
du texte
Ratio editionis / Stemma
Conspectvs siglorvm
Discours
aux Rhodiens (Or. XXXI)
Texte et traduction
Notes
complémentaires
Références bibliographiques
Index
nominvm
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