
Pathologique
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Après avoir tenté de mettre fin à ses jours, une pharmacienne se
réveille à l’hôpital. Convaincue que tout le monde dans son village
gaspésien sait ce qu’elle a fait, elle tente tant bien que mal de
surmonter la honte et de réintégrer sa routine. Pourtant, cette
expérience a ouvert une brèche dans le récit qu’elle tisse depuis si
longtemps autour de ses maux. Par celle-ci s’immiscent d’autres vérités,
d’autres histoires. Parmi elles, celle de Thomas, un jeune homme vivant
avec un trouble lié à l’usage d’opioïdes qui amorce un traitement à la
pharmacie pour tenter de vaincre sa dépendance. Thomas et la
pharmacienne apprendront à se connaître dans cet espace étroit et
mouvant qu’est la relation soignant-soigné et seront tous deux
confrontés à l’impact des inégalités dans l’accès aux ressources.
Oscillant entre un cynisme désabusé, un humour grinçant et un espoir timide, mais tenace, Pathologique explore la possibilité d’une vision métamorphosée des soins de première ligne. En donnant voix à une protagoniste qui se trouve des deux côtés du système, à la fois soignante et soignée, le livre ouvre un espace de réflexion complexe sur la médicalisation, la souffrance psychique et les rouages du réseau de la santé. Qu’est-ce qui définit une maladie? Qui décide du moment où le corps ou l’esprit basculent dans la pathologie? À qui le système profite-t-il? Et surtout, que signifie vraiment guérir?
Née en 1998, Sarah McNEIL est pharmacienne. Elle a étudié à l’Université Laval, à Québec, avant de s’établir en Gaspésie, où elle vit et travaille depuis 2021. Cette région est devenue son véritable foyer. Elle s’intéresse particulièrement à l’intersection entre le domaine médical et celui de la littérature, explorant la manière dont ces univers se nourrissent et se complètent.
Depuis l’adolescence, j’ai rencontré un nombre impressionnant de
psychiatres, de psychologues, de professionnels de la santé. J’ai appris
que, dans chaque relation thérapeutique, vient toujours un moment où le
thérapeute abandonne son patient. D’ordinaire, cela arrive après des
années de progrès inexistants, mais avec Dr Savoie c’est arrivé plus
tôt. Le processus s’est amorcé quand il a abruptement suspendu les
rencontres.
Ça se concrétise à l’instant.
Je remarque que son attitude n’est plus tout à fait la même que lors de nos précédents échanges. Une savante résignation dans les tics faciaux, dans le raclement de gorge. Un hum hum qui devient plus condescendant que compatissant. Bien sûr,ce phénomène ne sera pas admis par le thérapeute. Pourtant, il est possible de percevoir un lâcher-prise. Il continue de fixer des rendez-vous, de prescrire des médicaments par poignées, mais le cœur n’y est plus. On a beau scruter le DSM-V, il n’y a plus rien d’intéressant dans mes maladies. Et on commence à trouver que ça coûte cher au système des patients comme moi qui ne guérissent pas.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.