
Braver l'interdit
|
Comment les femmes au Québec avortaient-elles entre 1969 et 1988, alors
que les avortements étaient difficiles d’accès? Dans l’intervalle des
procès et des réformes qui ont capté l’attention médiatique entre 1969
et 1988, les femmes ont continué d’avorter. De quoi avait l’air le
théâtre silencieux de ces avortements vécus en dehors de la loi?
En
1969, le bill omnibus décriminalise en partie l’avortement au Canada,
rendant possibles certaines interventions jugées thérapeutiques. Le
mouvement féministe se mobilise alors pour demander l’accessibilité
complète et universelle des services et le retrait de la tutelle
médicale sur l’avortement. Si certains groupes se concentrent sur la
lutte politique et juridique pour l’abrogation des lois, d’autres
mettent sur pied un vaste réseau clandestin de services d’avortement, de
1969 jusqu’à l’arrêt Morgentaler en 1988. En marge des manifestations et
autres actions politiques, cet essai se penche sur les activités
subversives, illicites et méconnues de ces militantes de l’ombre.
Quelles étaient les spécificités de leur approche de l’avortement et
comment qualifier la brèche qui fut ouverte dans le sacro-saint rapport
des femmes à la maternité? La détermination des femmes à disposer de
leur corps et à choisir leur maternité les mena à bien des périls. Une
aventure extraordinaire souvent occultée dans l’histoire par le travail
des hommes médecins. « Le mépris n’aura qu’un temps! »
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.