
Liberté, no 348
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Ce dossier s'intéresse à la censure qui pèse sur les lesbiennes, leurs
désirs, leurs oeuvres et leurs luttes. Écartées des mouvements
politiques alliés comme de la grande histoire patriarcale de l'art,
quand elles sont finalement montrées, c’est souvent nues, comme objets
de fantasme. Alors que l’économie de la visibilité contemporaine nous
incite à voir le fait d’être vu·e comme une chose fondamentalement
bonne, ce dossier s'interroge sur la réapparition. Quel intérêt y a-t-il
à exiger la visibilité comme une fin en soi?
Certaines
modalités d’apparition peuvent être aussi violentes que celles de
l’effacement. Il y a des noms, des mots, des histoires qui sonnent comme
des condamnations. Elles rendent possible une interpellation par le
pouvoir. Dans le contexte réactionnaire actuel, l’appel à la
représentation et à la reconnaissance peut devenir une injonction à se
rendre lisible, repérable et identifiable par les autorités ayant la
capacité de décider quelles existences sont légitimes. Les autrices de
ce dossier font du bricolage avec la représentation lesbienne.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.