

Jacques Payette. Artiste de l'intime et du temps qui passe
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Le coffret en deux volumes Jacques Payette. Artiste de l’intime et du temps qui passe est publié par le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), qui détient la plus importante collection muséale d’œuvres de l’artiste Jacques Payette. La recherche et le texte, qui brosse un portrait analytique précis de la carrière artistique de Jacques Payette au sein de l’écosystème particulier de l’art contemporain québécois, sont le fait de l’historien de l’art et directeur honoraire du MNBAQ John R. Porter.
Jacques Payette est un artiste montréalais autodidacte reconnu pour sa contribution à un important courant figuratif ayant marqué la peinture dans les années 1980, particulièrement au Québec. Depuis le début de sa carrière, il y a plus de 40 ans, Payette réalise des portraits intimistes, des scènes d’intérieur et des paysages dont les motifs semblent voyager d’une œuvre à l’autre. Au début des années 1990, il se distancie néanmoins de l’hyperréalisme qui caractérisait son style, en octroyant à ses univers oniriques une plasticité plus prononcée qu’il n’a cessé d’affirmer jusqu’à ce jour. Jacques Payette est un artiste polyvalent et inventif qui a mis au point diverses techniques, comme la peinture à l’encaustique et le dessin « à la manière noire », c’est-à-dire le dessin au crayon de bois sur une toile recouverte d’acrylique bleu foncé – une technique qui est « le contraire du dessin », comme le dit l’artiste, puisqu’il ne s’agit pas d’ajouter des ombres, mais de la lumière, sur la toile. Payette est aussi un photographe accompli, dont la production abondante est demeurée largement inédite jusqu’à la publication en 2020 de l’ouvrage Jacques Payette. Photographies, lui aussi rédigé par John R. Porter.
Le coffret publié aujourd’hui par le MNBAQ se voulait au départ un complément à cet ouvrage, visant à réinscrire les photographies dans le corps d’œuvres principal de l’artiste en proposant une vision intégrée et globale des différentes facettes de sa production. Néanmoins, au fil de son enquête et de discussions presque quotidiennes avec l’artiste, Porter a débusqué plusieurs raretés sous la forme de photographies et de textes passés jusque-là sous le radar, sans compter un noyau important d’œuvres disparues, confidentielles ou expérimentales, qui n’étaient jamais sorties de l’atelier de l’artiste. Ces nouvelles œuvres, ces textes oubliés et les discussions avec Payette auront permis à l’auteur de tisser des liens entre des parties de la production de l’artiste à première vue autonomes, mais aussi entre la vie personnelle de celui-ci et les thèmes récurrents de ses œuvres. C’est ainsi que l’intime, le temps qui passe, les inventaires et les dualités sont devenus les fils conducteurs de la narration de Porter.
En six chapitres agrémentés de nombreux extraits d’articles et d’entretiens ainsi que de plus de 450 images, John R. Porter revient sur l’histoire personnelle de Jacques Payette, dont le milieu d’origine et les années de jeunesse auront eu une influence notable sur les valeurs, la production et le parcours; les étapes charnières de la carrière de l’artiste; et l’apparition de la production photographique, dont il fait ressortir l’originalité et les qualités intrinsèques par-delà ses liens avec l’œuvre graphique et l’œuvre peinte. Le deuxième volume privilégie l’examen approfondi de différents volets de l’œuvre au regard de leitmotivs familiers. Comme l’écrit Porter, c’est, « tous médiums confondus, l’occasion d’une plongée sous la surface des choses, dans les temps et les lieux d’une vie peu banale ».
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.
