
Cocaïans
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« Une partie virtuelle de foot entre un père et une fille... Une réunion clandestine dans un bois sacré pour résister ou céder au Blanc, planter ou non sa "plante amère"... Une réunion d'un syndicat agricole en rébellion... Une foule en fête sur une place pour célébrer les années de luttes qui ont accouchées de l'indépendance... Un vieux président dressé contre la fatalité de la crise et qui avec sa sœur revient sur son parcours historique... Un président historien assiégé et bombardé par une coalition armée internationale, sombrant dans la folie douce des pensées de ses échecs... Relier toutes ces situations avec du chocolat pour comprendre le projet des Cocoaïans, les habitants du pays du cacao. » Gauz’
La pièce se déploie comme une grande fresque historique, traversant plusieurs décennies et événements marquants de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Dans une langue musicale et syncopée, jouant autant sur les sonorités que la fluctuance de la syntaxe, Gauz’ donne la sensation d’une langue française que l’Afrique aurait investie et recréée. Il renoue avec l’« odyssée coloniale » de Camarade papa, mais adopte le point de vue des planteurs et cacaotiers africains plutôt que du colon blanc, permettant une belle perspective d’espérance, avec l’idée d’une Afrique qui se réappropriait le produit de son travail en plus de ses modes de production, afin de se libérer de l’aliénation induite par le capitalisme post-colonial. Ce qui rend la question de la couleur et de la race secondaire et presque contingente, car déterminée avant tout par le processus plus global d’exploitation capitaliste; et faisant de la couleur une « question de blancs », là où Gauz, reprenant les idées du socialisme, s’intéresse à la répartition des richesses, la fin de l’exploitation et la reprise de leur liberté par les travailleurs.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.

