Contre-jour, no 41
Contre-jour, no 41
Violette Leduc, l'affamée
Collectif  
  • Éditeur : Contre-jour
  • Collection : Hors-collection
  • Code Dimedia : 000165664
  • Format : Revue & périodique
  • Thème(s) : LITTÉRATURE - FICTION & ESSAI
  • Sujet(s) : Littérature - Essai / Critique
  • Pages : 156
  • Prix : 12,00 $
  • Paru le 16 janvier 2017
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C’est l’impudeur de Violette Leduc que l’on retient. La matière hautement autobiographique de son oeuvre, ses passages érotiques, souvent saphiques par-dessus le marché, la censure dont le manuscrit de Ravages a fait l’objet par Gallimard (la France de 1955 n’était apparemment pas prête pour sa description graphique d’un avortement, Leduc n’étant pas connue pour lésiner sur les détails). Pourtant, dans son indécence, Violette ne visait pas tant à provoquer qu’à transmettre sa douleur de vivre et sa soif intarissable de l’autre, éperdue dans sa grande « chasse à l’amour ». Cette oeuvre personnelle est passée inaperçue à côté des grands noms de la littérature française, Leduc ayant été avalée par la renommée de ses fréquentations — elle gravitait autour de Camus, Sarraute, Sartre, Genet, Cocteau, et est restée longtemps tapie dans l’ombre de Simone de Beauvoir, qui l’avait élue comme sa pupille. En 2013, le film de Provost la remet au goût du jour en présentant une femme dans toute son unicité et sa sensibilité accrue. Leduc est soumise à tous les excès : excès d’amour, excès de douleur, excès d’une langue foisonnante, mais qui porte en même temps une attention minutieuse au quotidien, à la « petite musique [qui] commen[ce] dans la bouilloire » quand l’eau bout » (Ravages), et à la finesse des sentiments — au moment de dire le nom de l’être cher, avec comme « dans [l]a bouche, la pudique amande dans l’écorce » (La folie en tête). Contre-jour invite ses collaborateurs à dialoguer avec cette oeuvre douloureusement honnête, dans l’ambiance feutrée et intime qui est la sienne.




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