Fous crient toujours au secours (Les)
Fous crient toujours au secours (Les)
Histoire de Ferid Ferkovic (L')
Messaili, Sadia  
St-Onge, Jean-Claude (Préface de) 
  • Éditeur : Écosociété
  • Collection : Parcours
  • EAN : 9782897194833
  • Code Dimedia : 000183494
  • Format : Broché
  • Thème(s) : SANTÉ & PSYCHOLOGIE, SCIENCES HUMAINES & SOCIALES
  • Sujet(s) : Histoire - Québec / Canada, Maladie mentale, Politique, Psychiatrie
  • Pages : 184
  • Prix : 24,00 $
  • Paru le 29 avril 2019
  • Plus d'informations...
EAN: 9782897194833

Aussi disponible en version numérique:

pdf_25ePub_25

Notre infortune ne réside pas dans notre combat contre la schizophrénie, mais contre les gens qui ont décidé de la « soigner à leur manière. » C’est sur ce verdict implacable que s’ouvre le récit de Saïda Messaili, la mère de Ferid Ferkovic, un jeune homme de 32 ans qui a choisi de s’enlever la vie quelques jours après avoir reçu son congé de l’hôpital psychiatrique. Aurait-il été possible de changer le cours de ce destin tragique? Saïda Messaili en est convaincue. Dans ce témoignage troublant, elle entreprend de déconstruire l’écheveau des décisions médicales et des failles du système de santé qui ont mené son fils à commettre l’irréparable.
 
Née d’une mère algérienne et d’un père croate, Farid a émigré à Montréal à l’âge de 14 ans. Malgré sa réserve naturelle, c’est un garçon qui a des amis, qui excelle en mathématiques et qui rêve de devenir pilote. Mais peu à peu, il devient taciturne et abandonne l’école. Un jour, il se plaint d’un terrible cauchemar avec de drôles de sensations. Il a 21 ans et il ne va pas bien du tout.
 
S’enclenche alors, pour Ferid et ses parents, un engrenage infernal qui ne s’arrêtera plus. D’abord détenu en garde préventive pour subir une évaluation psychiatrique, à la demande de ses parents, très inquiets, Ferid est renvoyé chez lui sans diagnostic précis. Mais son état continue à se dégrader et il est hospitalisé de nouveau. La médication qu’on lui fait prendre ne parvient pas à stabiliser son état. Sa psychiatre lui propose alors un traitement par électrochocs. La mère de Ferid est abasourdie : cette pratique n’est-elle pas interdite? Et personne de l’équipe soignante pour expliquer le fonctionnement des ressources à l’externe, telles que le groupe de transition et le centre du jour...
 
La psychiatre prescrit à Ferid du Zyprexa et du Clomipramine, sans le renseigner sur les effets secondaires ou les risques qui leur sont associés. Le Zyprexa est un psychtrope de seconde génération très dommageable et, en dépit des poursuites judiciaires aux États-Unis et des recours collectifs au Canada, il continue encore aujourd’hui d’être prescrit au Québec. « En encourageant mon fils à se fier au système de santé, je n’avais jamais imaginé pareille prise en charge. Jamais. Pas au Québec. Je m’attendais naïvement à voir une équipe de professionnels priorisant le lien thérapeutique et la communication à la force aveugle des méthodes du passé qu’on a juste remplacées par de puissants neuroleptiques auxquels son organisme résistait pourtant. »
 
Après avoir stoppé volontairement sa médication et connut trois années de stabilité relative à la maison, Ferid vit une seconde rechute et une seconde hospitalisation. Il prend un nouveau médicament : l’Abilify. Or, cet antipsychotique ne lui convient pas davantage. Un mois après son congé de l’hôpital, il se plaint de douleurs et de sensations de brûlure. Habité par une grande détresse, il se présente volontairement aux urgences de l’hôpital psychiatrique, d’où, au grand désarroi de sa mère, il est renvoyé chez lui. Six jours plus tard, il met fin à ses jours.
 
Pour briser le silence et donner une voix à son fils, Sadia Messaili a choisi pour son histoire un titre qui fait écho à celui de Jean-Charles Pagé, Les fous crient au secours ! Témoignage d’un ex-patient de Saint- Jean-de-Dieu, publié en 1961 aux Éditions du Jour et réédité pour la première fois l’automne dernier par Écosociété. À croire que les choses n’ont pas vraiment changé en 60 ans.

AUTEUR(S)

Algérienne d’origine, Sadia Messaili a vécu en Autriche et en Croatie avant d’émigrer au Québec, où elle est devenue enseignante au primaire. Elle est l’autrice de La route de la dignité (Éditions JCL, 2005).




NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.