Présents composés
Présents composés
Ollu, Juan Joseph  
  • Éditeur : Annika Parance Editeur
  • Collection : Sauvage (#4)
  • EAN : 9782923830988
  • Code Dimedia : 000207105
  • Format : Broché
  • Thème(s) : LITTÉRATURE - FICTION & ESSAI
  • Sujet(s) : Littérature québécoise
  • Pages : 150
  • Prix : 19,00 $
  • En librairie le 6 octobre 2020
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EAN: 9782923830988

Vivre sa vie mais en rêver d’une autre. Se perdre ou se trouver dans une double existence. Hésiter devant des voies multiples. Refuser, peut-être, de choisir. Voilà ce que sont, entre autres, les présents composés des personnages de ces nouvelles.

Il y a ensuite le concept de bad boy. Cette expression, plus encore que « mauvais garçon » traîne avec elle un cortège d’images et d’impressions, plus ou moins clichées, plus ou moins vraies, mais très cinématographiques. On pense par exemple à James Dean, ou à de jeunes Marlon Brando ou Alain Delon. Aux skaters de Larry Clark. Aux chauffards des films de voitures de course des années 1950. Aux jeunes paumés des films néo-réalistes du cinéma italien. À l’univers de la nuit, à ceux du rock ou du hip-hop. Un bad boy, c’est un concept qui englobe tout et rien à la fois, et sa définition varie selon le contexte culturel ou social, l’époque, mais aussi les fantasmes et les expériences de chacun.

Ce qui ne change pas, c’est que celui qu’on appelle ainsi est séduisant et qu’il a du sex-appeal. Ce n’est pas nécessairement un voyou mais il en possède l’insolence, l’arrogance et le je-m’en-foutisme. Comment une seule existence, un seul présent pourraient-il lui suffire?

Dans Présents composés, le concept est à la fois dilué et questionné. En effet, il peut y être garçon ou fille, hétérosexuel ou homosexuel, n’en garder que quelques aspects. Les héros de ces nouvelles suivent leur(s) voie(s) coûte que coûte, veulent être libres, vivre comme ils l’entendent en refusant la soumission, en cherchant les sensations fortes mais parfois ils découvrent qu’être un bad boy ou une bad girl n’est pas toujours facile, pas plus que se partager indéfiniment entre plusieurs présents, et qu’il faire des choix, des concessions pour rester fidèle à soi-même ou pour ne pas perdre les gens que l’on aime et se retrouver dans un présent décomposé. Mais jusqu’à quel point?

Extrait

« Je me retrouvai donc chez lui, à quelques minutes de là, dans sa chambre sous les toits, et tout de suite, dans la pièce presque ronde, exiguë, aux hautes fenêtres penchées et légèrement entrouvertes sur la pluie, ce furent les vêtements arrachés à la hâte, les corps empoignés, les bouches qui se cherchent et se dévorent, les mouvements cassants et brutaux, presque maladroits, les soupirs, les sexes qui se trouvent, se séparent mais accèdent ensemble au plaisir, qui surgit et balaie tout sur son passage : hésitations, calculs, scrupules, ombres de culpabilité. Ce n’était pas non plus une copulation sauvage qui, une fois conclue, se serait traduite par le silence, la séparation définitive, un “ciao” glacial et sec. Pas seulement. Il y eut aussi une certaine tendresse. Et encore de la complicité. Peut-être est-ce là que commence réellement l’amoralité, l’infidélité, la vraie trahison ? Sans trop y réfléchir, j’y ai vu de la délicatesse. »




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